vendredi, 24 janvier 2020
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Face à la contestation populaire contre la présence des forces armées étrangères au Sahel, et particulièrement celle de la force Barkhane, le président français Emmanuel Macron a annoncé avoir convoqué les chefs d'Etat des pays du G5 Sahel pour le 16 décembre à Pau, afin qu'ils viennent clarifier leur soutien à la présence des militaires français.

Ces propos sont très mal accueillis par des Nigériens qui les qualifient de méprisants. "Si Emmanuel Macron convoque les chefs d'Etat pour leur dire : venez clarifier vos positions, alors que c'est avec eux que tout cela a été organisé, et que ceux-ci acceptent, alors cela signifie qu'il ne souhaite pas qu'ils refusent", analyse Moussa Tchangari qui préside l'association Alternative espaces citoyensune organisation de la société civile du Niger.

Recul démocratique

Pour Moussa Tchangari, le président français souhaiterait que"les chefs d'Etats lui donnent les garanties qu'ils prendront des dispositions pour empêcher les critiques contre la présence des forces militaires françaises. Donc c'est un défi et un recul sur le plan démocratique. De ce point de vue, c'est grave, il a été vraiment très mal inspiré".

Mais pour Issa Garba, porte-parole de l'ONG Tournons la page, cette rencontre pourrait être l'occasion pour les chefs d'Etat africains d'affirmer la souveraineté de leur pays.

"Le président Mahamadou Issoufou ne devrait même pas envoyer Abba (son directeur de cabinet et par ailleurs son fils, ndlr) à cette réunion", explique-t-il. 

"Ma conviction est que Issoufou ne devrait même pas y aller. Il n'a pas de compte à rendre à Macron. Quand Nicolas Sarkozy avait des problèmes au Niger, il s'était déplacé. C'est lui (le président Macron) qui a des intérêts au Niger. Mais nous, quels intérêts avons-nous en France ? On n'a rien, on n'a aucune société nigérienne qui y opère. Ce sont eux qui ont des sociétés ici", s'emporte Issa Garba qui souhaiterait plutôt voir Emmanuel Macron venir rencontrer ses homologues africains "en Afrique"

Le gouvernement du Niger n'a livré dans l'immédiat aucune réaction officielle suite aux propos du président français. Le Front de l'opposition indépendante maintient pour sa part ses premières déclarations : "les forces militaires étrangères doivent quitter le Niger".

A l'Assemblée nationale du Niger, aucun député n'a accepté de se confier au micro à la DW.

Cependant, un élu de la Majorité, qui a requis l'anonymat, estime que c'est une affaire qui ne concerne que l'éxécutif car celui-ci n'a jamais sollicité l'avis du parlement pour autoriser la présence des forces étrangères au Niger.

Deustche Welle

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