lundi, 09 décembre 2019
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Un hôtel de Bamako abritant la mission de l’Union européenne qui entraîne l’armée malienne a été visé le 21 mars dernier par une attaque, faisant un mort parmi les assaillants.

A l’instar d’autres pays de vieille culture islamique, le Mali doit depuis plusieurs années faire face à la menace djihadiste.

 

Tombouctou, Gao et Djenné étaient en effet au Moyen âge des cités islamiques prospères et des centres intellectuels majeurs pour l’ensemble du Bilâd as-Sûdân al-Gharbî, du Soudan occidental. L’expression désignait chez les chroniqueurs médiévaux cette portion du continent noir qui, de l’Atlantique au Nil, est limitée au nord par le Sahara et au sud par la forêt équatoriale ; sa partie occidentale est délimitée à l’ouest par la boucle du fleuve Niger.

 

Une région où l’islam pénétra de manière pacifique, à travers le commerce, et où il demeurera, du XIe au XVIIsiècles siècles, un phénomène essentiellement urbain. L’une des premières mentions de l’Afrique subsaharienne est due au géographe al-Fazârî, qui, au début du IXe siècle, décrit l’État de Ghana comme étant «le pays de l’or».

 

La découverte du Soudan occidental sera de fait menée par des marchands, Berbères pour la plupart, la conquête arabo-musulmane ayant créé un important dynamisme économique à l’origine de cités commerçantes de part et d’autre du Sahara.

 

Des routes caravanières relient ainsi entre elles les cités de Sijilmasa (sud-est du Maroc) à Awdaghost (sud de la Mauritanie) et à Ghana ; plus au centre, c’est un axe ramifié qui relie Tripoli (Libye), l’Ifriqiyya (Tunisie) et Ouargla (sud algérien) à Gao (la Kaw Kaw des chroniqueurs arabes) sur les rives du Niger, via Tadmakka (as-Suk), autre plaque tournante du commerce transsaharien.

 

Une religion monothéiste en terres animistes

Au contact de leurs homologues arabo-berbères, les marchands africains se convertissent à l’islam, − notamment les Soninke, groupe ethnique dominant de l’empire du Ghana. Auréolé d’un grand prestige moral et culturel, et associé à la puissance économique – on importe, parfois de la lointaine Espagne, des produits de luxe : chevaux, verrerie, marbre −, l’islam gagne rapidement les cours royales.

 

Chefs et élites se convertissent à une religion qui permet de répondre aux besoins de sociétés en mutation. A la structure tribale traditionnelle, qui ne disparaît pas, se superpose une structure étatique sans cesse plus nécessaire à mesure que la cité ou le royaume évolue. Religion universaliste, l’islam offre une plus grande cohésion pour des populations autrefois séparées par des cultes traditionnels territoriaux.

 

Religion du savoir, à l’origine notamment d’une importante tradition administrative et légale, elle permet la constitution d'une classe de lettrés musulmans dont le souverain fait ses conseillers, et à qui il confie la mise en place des structures administratives nécessaires au fonctionnement de l’État.

 

Dans l’empire songhaï (XVe-XVIᵉ siècles), les hommes de religion furent ainsi de véritables piliers du régime qui participèrent étroitement à la politique de l’empereur Muhammad Touré.

 

L’islam est alors, par excellence, la religion du droit, de la justice et du progrès. Les savants musulmans mettent du reste d’autant plus l’accent sur les normes juridiques que les pratiques animistes n’ont pas disparu (succession matrilinéaire, polygamie élargie, rites magiques), y compris chez les chefs, dont la légitimité repose en partie sur le respect des coutumes ancestrales, auprès d’un peuple encore largement polythéiste.

 

La guerre des marabouts contre l'esclavage européen

C’est à partir du XVIIe siècle que l’islam quitte les enclaves urbaines pour devenir une religion de masse, une religion qui n’est plus le fait des seules élites ou des seuls citadins. Le facteur déterminant à l’œuvre dans cette évolution est la traite négrière occidentale.

 

Elle entraîne une désorganisation des structures des sociétés africaines qui favorise par contrecoup la diffusion de l’islam, conçu dès lors comme une religion de résistance. Ainsi de la guerre des marabouts (1673-1674), lancée par l’imâm mauritanien Nâsir ad-Dîn contre les collaborateurs locaux de la traite européenne, jugés impies.

 

Si elle fut un échec, les Français ayant volé au secours des aristocraties menacées, le mouvement d’unification qu’elle a lancé est emblématique d’un islam devenu religion du petit peuple.

 

Seyfeddine BEN MANSOUR (Zaman France)

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